J’ai commencé par faire de la pâte à modeler enfant. Adolescent, je suis allé à des cours de poterie dans mon village à Valbonne. Là j’ai rencontré Jean Roy le professeur de l’atelier, qui me fit rapidement passer aux cours pour adultes. J’ai alors appris petit à petit les mardis et jeudis soirs à travailler la terre glaise puis la tourner. Au bout de quelques semaines j’ai découvert ce qu’était le « Raku » ; une technique de fabrication et de cuisson qui vient du japon et qui date du moyen-âge. La terre utilisée est une terre dite chamottée, un mélange de terre et de petits débris infimes, ce qui donne une plus grande résistance aux chocs thermiques lors de la cuisson et de la sortie du four à gaz pour la finition. Les années ont passé, j’ai continué à travailler la terre glaise jusqu’à ce que je fasse mon service militaire puis ayant trouvé un emploi sur l’aéroport de Nice je ne pouvais plus trop me consacrer à cette activité que j’ai quelque peu délaissé… Je n’ai plus touché la terre glaise pendant huit ans. Le déclic s’est fait lorsque j’ai racheté deux pains de terre pour confectionner un scorpion pour l’anniversaire d’un ami. J’ai réalisé que j’avais toujours la main aussi j’ai décidé de me réinscrire dans mon ancien atelier et depuis je m’y suis remis à fond. Je travaille essentiellement la terre chamottée pour la cuisson Raku, ce qui donne des résultats parfois surprenant car ce qu’il y a de spécifique dans le Raku c’est que chaque pièce réalisée est vraiment unique. Il est impossible de reproduire deux fois exactement la même couleur ainsi que les craquelures occasionnées par les chocs thermiques lors de la sortie et de l’enfumage des pièces.